La violence contre les enfants menace d’assombrir l’avenir de la Côte d’Ivoire.

Par Monsieur NETH Willy Alexandre, Président de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO).

Aucun pays africain – y compris la Côte d’Ivoire – n’est à l’abri du terrible fléau de la violence contre les enfants. Les enfants et les jeunes africains continuent de subir des abus physiques, psychologiques et sexuels généralisés, tandis que les conflits armés, l’extrémisme violent et la pandémie de COVID-19 ont créé une onde de choc permettant à la violence contre les enfants de se développer. L’ampleur de la violence à l’encontre des enfants en Afrique est inacceptable et ne fait qu’empirer.

Aucun pays africain – y compris la Côte d’Ivoire – n’est à l’abri du terrible fléau de la violence contre les enfants. Les enfants et les jeunes africains continuent de subir des abus physiques, psychologiques et sexuels généralisés, tandis que les conflits armés, l’extrémisme violent et la pandémie de COVID-19 ont créé une onde de choc permettant à la violence contre les enfants de se développer. L’ampleur de la violence à l’encontre des enfants en Afrique est inacceptable et ne fait qu’empirer.

La Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO) appelle le gouvernement de la Côte d’Ivoire à intensifier massivement ses efforts de lutte contre la violence envers les enfants. Nous saluons le fait que la Côte d’Ivoire soit lun des 12 pays africains « pionniers » reconnus par le Partenariat mondial pour mettre fin à la violence contre les enfants, dirigé par les Nations Unies, pour leur engagement à sensibiliser, à stimuler le leadership, à galvaniser laction et à établir des normes nationales de prévention de la violence. Mais il reste encore beaucoup à faire.

Cette semaine, des représentants des gouvernements et de la société civile de plus de 30 pays africains se réunissent à Addis-Abeba pour participer au Symposium panafricain dapprentissage sur la prévention de la violence, organisé par le Partenariat africain pour mettre fin à la violence contre les enfants (APEVAC). Lobjectif est de donner le coup denvoi dune action visant à mettre fin à la violence contre les enfants, mais les participants se savent confrontés à une tendance indéniable : malgré lintroduction progressive, au cours des décennies précédentes, de meilleures lois et politiques, lAfrique affiche toujours des taux de violence contre les enfants parmi les plus élevés au monde.

Pour ne citer que quelques-unes des dernières conclusions alarmantes d’African Child Policy Forum (ACPF), plus de 80 % des enfants âgés de 1 à 14 ans subissent une discipline violente et quatre filles sur dix subissent des violences sexuelles. Il est profondément troublant que trois millions de filles soient exposées au risque de MGF chaque année. Les données montrent également que la traite des enfants en Afrique subsaharienne est la plus élevée au monde.

Le gouvernement de la côte d’Ivoire doit faire davantage pour s’attaquer aux causes profondes de la violence contre les enfants, telles que les attitudes sociales et culturelles, la discrimination sexuelle, la pauvreté et les crises humanitaires. Dans le même temps, il doit accorder une attention beaucoup plus grande aux défis nouveaux et émergents causés par les conflits armés, l’extrémisme violent et la pandémie de COVID-19.

La LIDHO est parfaitement conscient des contraintes financières auxquelles sont soumis les gouvernements africains dans le cadre du ralentissement de l’économie dû à la pandémie. Mais nous ne pouvons pas permettre que les petits progrès réalisés dans la lutte contre la violence à l’égard des enfants au cours des trente dernières années soient anéantis par un manque d’investissement dans les programmes sociaux et de protection de l’enfance. Au contraire, le moment est opportun pour augmenter les financements, car la violence à l’encontre des enfants a un impact social et économique néfaste important sur la société dans son ensemble. Les preuves sont claires : la violence à lencontre des enfants est directement liée à un faible niveau déducation, au décrochage scolaire, aux mauvaises perspectives demploi et à une mauvaise santé à long terme, et elle a des répercussions à long terme sur la productivité, en accroissant massivement le coût des soins de santé et des services sociaux.

Compte tenu de l’incertitude économique actuelle, les programmes de prévention de la violence financés par les bailleurs internationaux et les ONG restent essentiels.

Cependant, les racines du problème se trouvent ici, en Afrique, avec des attitudes et des pratiques traditionnelles profondément ancrées envers les enfants – en particulier envers les filles. Or, ces pratiques constituent un obstacle important à la réussite. La violence à l’encontre des enfants ne sera éradiquée que lorsque les Africains eux-mêmes prendront leurs responsabilités. Il est donc particulièrement frustrant de constater que des stratégies efficaces, des bonnes pratiques et des solutions africaines propres à prévenir la violence à l’encontre des enfants existent et ont fait leurs preuves, mais restent en grande partie ignorées. Souvent, les efforts faits partout dans le monde afin de lutter contre la violence à l’égard des enfants africains ne tiennent pas compte des systèmes autochtones de protection de l’enfance qui pourraient être promus et reproduits sur tout le continent.

Cela fait 30 ans que la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant – plus connue sous le nom de Charte africaine des enfants – a été adoptée. La plupart des gouvernements africains, dont celui de la Côte d’Ivoire, sont signataires de la Charte africaine des enfants et de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CDE). Pourtant, chaque jour, des millions d’enfants sur le continent sont confrontés à la violence, à l’exploitation et à la discrimination. La violence a des effets dévastateurs sur la dignité de l’enfant, sur son bien-être physique et mental, son développement et ses chances dans la vie. Les enfants handicapés ou atteints d’albinisme, les enfants placés en institution ou ceux qui vivent et travaillent dans la rue, et les enfants pris au piège dans des crises humanitaires et des conflits armés sont les plus exposés à la violence. Dans le même temps, l’amélioration de la connectivité numérique et les confinements dus à la pandémie ont entraîné une augmentation des abus sexuels, notamment en ligne.

Bien que nous nous félicitions de la participation de notre gouvernement à la réunion dAddis-Abeba et de son engagement en tant que nation « pionnière », il ressort clairement que les capacités financières et la volonté politique font défaut. La LIDHO appelle tous les gouvernements, lUnion africaine et les Communautés économiques régionales à accroître les investissements dans les initiatives visant à mettre fin à la violence contre les enfants. Léradication de cette tache sur notre conscience collective est lune des priorités les plus importantes de notre temps.

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